Ecoute le roseau, il raconte tant de choses ! Il dit des secrets cachés du Très-Haut ; sa figure est pâle et son intérieur est vide... Il a donné sa tête au vent, et il répète : Dieu, Dieu, sans paroles et sans langues.

(Jalal-od-Din Rumî, Mathanavî)

Notre histoire

Notre histoire commence dans une bibliothèque, merveilleuse et mystérieuse : des volumes oubliés pendant des siècles sont là, présents et accueillants... Dans ces volumes, la fraîcheur et la passion sont intactes.

Les instrumentistes des 13ème et 14ème siècles, parfois éloignés des centres de la culture officielle, mais dont l'intense activité artistique est attestée, nous ont laissé des références rares et peu précises sur leurs pratiques.

C'est là que s'incarne notre projet : retrouver le chemin de pratiques instrumentales anciennes, pour travailler sur certains projets avec des chanteurs, sur d'autres avec des comédiens...

Retrouver une chanson de Gautier d'Espinal, de Jehan Erars, une ballata italienne, une estampie française ou italienne ou une cantiga de Santa Maria, c'est chercher le chemin de cet héritage perdu. Tenter de retrouver des pratiques basées sur une tradition orale presque toute puissante à l'époque nous amène sur un chemin rempli d'obstacles, mais qui nous laisse des indices dans les manuscrits, les traités, et aussi une grande liberté de re-création de cet univers sonore.

A partir des sources de l'époque, nous nous proposons de faire revivre une musique qui ne nous dévoile qu'une de ses multiples facettes. Nous arrêter à ce que la partition nous donne comme indication du « phénomène sonore induit » serait appauvrir de façon drastique et dramatique une musique qui compte sur la capacité de chaque interprète à créer, rajouter un peu de soi-même à ce qui est écrit, dans le moment de la profération, instant majeur de l'art médiéval.